Selon moi, l’hyper-connexion numérique est une pratique addictive comportementale dont l’emprise sur notre humanité est tous les jours plus prégnante.

Voilà l’histoire

Message whatsapp 9.53 : “ je t’aime”

Message whatsapp 11.10 : « tu as lu mon msg….tu ne réponds pas ??? »

Avez-vous déjà vécu une situation similaire amicale ou amoureuse ? 

Commence alors la boucle infernale…Nous répondons au “je t’aime” en pensant à l’autre, à ses attentes. Et qu’en est-il de nos besoins ?

Écrivons-nous “je t’aime” inconditionnellement sans rien attendre en retour ou dans l’attente d’une validation affective pour combler une faille narcissique ou se ré-assurer dans le manque d’estime de soi ?

« Nous devons nous justifier sans cesse. De quel droit et à quelle fin ?

Nous devons répondre vite sinon…. Sinon quoi ..? »

…Sinon, serons-nous exclus ? Serons-nous jugés ?

Les injonctions sociaux culturelles implicites nous poussent à répondre dans l’instant et deviennent aliénantes. La pression de l’environnement est incessante et irrésistible. Nos usages numériques nous dépassent, nous éloignent de nous-même, nous satellisent à la périphérie de nos vies.

Aussi, ai-je vécu une situation de malaise amical récemment, une forme de pression numérique affective. J’ai décidé de développer et mettre en oeuvre « L’Écologie du soi ».

“Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement” (Nicolas Boileau).

J’ai pris mon téléphone et j’ai appelé. Nous avons parlé, j’ai écouté, je me suis exprimé sur cette situation d’inconfort. Quand les choses sont dites avec délicatesse, quand nous exprimons nos émotions sans agressivité, les solutions simples et tellement apaisantes sont au bout du chemin.

La personne est en droit de ne pas comprendre, de ne pas accepter, de ne pas entendre…Néanmoins, vous vous sentez libéré car vous vous êtes exprimé et vous êtes en harmonie avec vous-même. Un premier pas vers votre identité numérique. Vos ami(e)s vous aiment pour qui vous êtes, vous les aimez pour qui ils sont. Ils ne vous jugeront pas, ne vous exclurons pas. Dans le cas contraire,  soyez juste magnanime.

Cette hyperbole de l’affect est à transposer bien évidemment sur un plan professionnel au quotidien avec notre management et nos collègues.

La société nous impose des codes, aujourd’hui, arbitraires  dans un far-west numérique qu’elle-même ne maîtrise pas. A nous d’instaurer des règles de vie numérique dont l’objet est le respect de soi et des autres.

Les outils numériques ont bouleversé notre rapport à l’espace et au temps. Cette élasticité nous donne des pouvoirs infinis. Notre cerveau d’homo sapiens n’est pas en mesure cognitivement et émotionnellement de digérer ce bombardement informationnel.

Apprendre à s’affranchir de la pression est un enjeu vital, profondément personnel voire intime. Redonnons à notre intériorité la place qu’elle mérite et laissons le sensationnel à la porte de notre conscience.

Comme le dit Jean-Paul Mialet : « Dans ce monde saturé d’informations qui exploitent l’excitation sensorielle et émotionnelle, il est plus que jamais utile de retrouver la vraie liberté qu’est la construction intérieure ». 

“Avec le numérique partout, on est là, mais jamais vraiment là, c’est terrible” me disait un Directeur des Ressources Humaines d’un grand groupe français.

3  clés de pour s’affranchir de la pression numérique au boulot ou à la maison :

  1. ECOLOGIE NUMÉRIQUE
    « L’usage de mes outils numériques m’épanouit-il ? Qu’exprime votre corps ? identifiez vos besoins profonds ? Prenez soin de vous. Écoutez-vous. Personne d’autre que vous ne le fera.
    Exercice : Éteignez votre téléphone et éloignez-le de vous 20mn, puis 45 mn puis 1h et sentez ce qu’exprime votre corps.

  2. EDUCATION NUMÉRIQUE
    “M’arrive-t-il d’interrompre une conversation live si je reçois une notification ou de répondre à un message en rendez-vous ?” Si j’agis ainsi je dois l’accepter sans jugement d’autrui. Quel est ce besoin impérieux de se justifier en permanence ? Suis je vraiment là en présence de la personne ou suis je ailleurs ?
    Exercice : Testez l’effet miroir

  3. IDENTITÉ NUMÉRIQUE
    “Que disent de moi mes usages ?” ”Suis-je la même personne dans la vraie vie et sur les média sociaux ?” Qui suis-je sans mon smartphone ? Il est important que nos usages numériques soient le reflet de notre identité au risque de faire émerger une forme de duplicité inconsciente dans nos échanges avec autrui. Posez vous la question et écoutez vous :  Vos réactions face aux événements vous ressemblent-elles dans les 2 mondes ?

Justement, L’Ecologie du soi est un enjeu pour notre mieux être au travail et dans nos vies personnelles afin de retrouver un équilibre pérenne.

Eclairons notre avenir à la lumière de notre présent et cessons la junkfood numérique en Entreprise.  N’attendez pas, prenez les devants.

Vous l’avez compris, il est question d’anticiper et de préparer les changements au sein des organisations. Alors à vous de jouer. Agissez ! Construisez des ateliers en Entreprise, partager les bonnes pratiques, informer, faites de la veille humaniste, soyez innovants, éveillez les consciences, faites penser les collaborateurs par une approche réflexive, bouger les lignes et reprenez le pouvoir sur les outils.